DISQUS

Blogging The News: Replacer les utilisateurs au centre du jeu de quilles

  • Laurent Redondo · 2 years ago
    Je ne comprends pas trop bien où tu veux en venir. Tu voudrais faire payer tes visiteurs pour qu'ils puissent finalement donner leur avis sur ton contenu afin de le rendre meilleur ? Les blogs disposent tous, gratuitement, d'une fonction de commentaires. Quand un article ne plaît pas à ton lectorat, il te le fera savoir ou il ira voir ailleurs. Mais en aucun cas, il ne paiera pour avoir mieux. C'est ton boulot d'éditeur web de savoir ce que tu dois écrire. Mais le fait de vouloir se plier aux exigences des visiteurs fait également en sorte que tu ne peux plus te permettre de les surprendre ou de proposer une analyse partant d'un avis subjectif (et ouvrant ainsi un débat). Ce qui fait la richesse d'internet, c'est la multiplicité des sources d'infos et les différences de traitement de celles-ci. Le surfeur veut conjuguer ses lectures au pluriel. C'est aussi pour ça que, dans certains secteurs, les blogueurs se regroupent sans perdre leur indépendance. Bref, on verse dans une philosophie qui n'existe pas en Belgique : le succès de mon voisin joue un rôle positif sur mon succès.
  • damien · 2 years ago
    Non, je ne veux pas "faire payer pour donner son avis". Ca n'aurait strictement aucun sens puisque, comme tu le dis, les commentaires sont là pour ça. L'idée que je développe concerne le soutien que peut apporter la communauté des lecteurs d'un blog, d'un site proposant du contenu, quel qu'il soit, à celui qui le produit. Les boutons paypal remplissent déjà cette fonction mais sont à mon sens trop peu intuitifs, nécessitent une carte visa/mastercard et coûtent beaucoup trop cher en frais de transfert pour des petits montants. D'où la notion de micro-paiement, à l'image de ce que Howard Dean a fait pour sa campagne à l'investiture, mais via un mode beaucoup plus simple, plus rapide et accessible à tous. More to come soon :P
  • fabrice grosfilley · 2 years ago
    Reflexion interessante Damien. Je souscris à la première partie de ton billet. J'ai en revanche un doute sur la solution que tu préconiserai : existe-t-il un marché (même en micro-paiement) pour faire vivre un journaliste-bloggeur en Belgique francophone (max 4 millions de personnes, en comptant les nourrissons et les pensionnaires des homes qui n'ont même pas conscience de la possibilité d'existence de ton blog)?
    La solution est plutôt dans l'intégration des blogs dans les plate forme des "médias". C'est d'ailleurs ce qui nous arrive un peu à nous deux. Même si nos activités web sont "bénévoles" nous devons reconnaitre que nos employeurs en tirent un bénéfice en terme d'image et d'expertise (et inversement : c'est un échange valorisant pour les deux parties).
    Cela pose en revanche la question de l'indépendance. Perso je la trouve plus grande sur mon blog qu'ailleurs pour la simple raison que je suis seul maître à bord : j'assume tout le contenu.
    La "professionnalisation" de certains acteurs ne devra en outre pas empêcher les blogs "citoyens" de continuer à exister. C'est un contre pouvoir très interessant. Et j'approuve l'idée que les journalistes doivent descendre de leur tour d'ivoire, répondre aux commentaires, surfer sur les autres blogs et se coltiner au réel.
  • Laurent Redondo · 2 years ago
    Il ne faut SURTOUT pas tenir compte de limites géographiques. Quand tu écris en français, tu t'adresses à l'ensemble de la francophonie et à une population multilingue capable de comprendre ton langage.

    Les limites ne seraient induites que par la sélection des thèmes abordés.

    Et puis, ce n'est pas parce qu'un blog se professionnalise qu'il perd automatiquement son qualificatif de citoyen. Tout bon détenteur de blog doit maintenir un regard critique sur l'information qui lui parvient.
  • damien · 2 years ago
    @Fabrice: je trouve particulièrement intéressante l'expérience que vous menez à RTL en faisant "grimper" vos blogs à toi et à Thierry sur une plate-forme dédiée (et stylée). Certains journaux américains le font depuis maintenant un certain temps et avec pas mal de succès. Le cross-postage est une démarche intéressante mais qui prive les billets des commentaires déposés uniquement sur l'un ou sur l'autre... la discussion s'en retrouve passablement amputée. Je crois aussi que l'évangélisation des rédactions passe par ce créneau-là: valoriser les motivés qui ont/qui vont ouvrir un blog en leur donnant de l'espace brandé au nopm de leur média. Comme dit Laurent, l'avantage sur le web est de s'adresser à une zone de challandise bien plus large que l'espace national puisque basée sur la langue (même si politique et gsm sont deux niches complètement différentes, l'une traversant difficielement les frontières, l'autre les transcendant allègrement)

    @Laurent: c'est quoi un "bon détenteur" de blog ?
  • Charles Bricman · 2 years ago
    Intéressant débat! D'un point de vue économique, il est clair que l'info (ou plutôt: les données, pour employer la terminologie de Bertrand Duperrin) conserve toute sa valeur intrinsèque pour son consommateur final, mais perd une bonne partie de sa valeur marchande (le prix). Sauf dans certains cas, par exemple quant aux modalités de sa transmission: les cours de bourse de bourse sont librement accessibles à tout le monde avec un différé de 15-20 minutes mais pour les recevoir en temps réel, il faut payer.
    Dans ce contexte, on ne peut attendre de rémunération que de ceux qui, s'ils n'ont pas d'intérêt pour le produit lui-même (l'info), sont par contre motivés par l'échange, le rassemblement qui se fait sur le "marché". Ce sont évidemment les annonceurs. La pub, quoi! Et pas (trop) de souci pour l'indépendance: Fortis soutient Anderlecht sans avoir peur de perdre des clients à Liège ou à Genk...
    Comment le journaliste se débrouille-t-il pour survivre en tant qu'individu? Soit comme par le passé, en louant ses services à un (multi-)médiateur, d'une manière ou d'une autre, soit en stand-alone, probablement à temps partiel: le blogging professionnel est à la fois un outil de promotion et un outil de valorisation d'une expertise particulière.
    Quant aux journalistes qui bloguent sur la plate-forme de leur employeur, je les engage soit à poursuivre cette activité dans le cadre de leur contrat de travail, soit à se faire payer pour ça!
    NB: Le hasard a voulu que j'aborde le même thème que Damien à peu près en même temps que lui: http://blog.pickme.be/2007/05/10/les-journalist....
  • Denis · 2 years ago
    mais mais mais.... c'est le "personnal branding" qu'on doit toujours podcaster ça.... ;-)
  • Laurent Redondo · 2 years ago
    Je pense qu'un bon blogueur (professionnel) est capable de se creuser une minimale mais impérative part de marché, d'obtenir de bonnes relations avec les acteurs industriels, de traiter l'ensemble de l'information récoltée et de pouvoir y ajouter une touche d'expertise avec des commentaires avisés qui permettent au lecteur de décrypter certains éléments. Le bon blogueur doit également gérer la communauté qui le lit en tenant compte des commentaires. Il doit pouvoir fournir des précisions (ou accepter d'avouer qu'il ne sait pas plus que le communiqué), renseigner ses visiteurs. Un bon blogueur doit également lire et respecter les blogs qui traitent la même info et tenter des échanges constructifs.

    Quand tout cela est mis en oeuvre, il suffit ensuite de placer une encart Google AdSense et les revenus vont permettre de maintenir un certain niveau de qualité. Pour ma part, mon blog ne me permettrait pas de vivre au niveau actuel de ma vie. J'accepte de temps à autre des missions ou je saute sur des opportunités pour combler ce manque. Néanmoins, il existe une différence consistante entre le nord et le sud de ce pays. Quand je participe à un événement de communication quelque peu informel à destination des blogueurs, je vois rarement quelqu'un d'autre que moi de "belge francophone" qui vit exclusivement d'un blog. Il s'agit peut-être d'un manque d'investissements financiers au milieu d'une région mal en point. A nous de maintenir notre énergie pour maintenir la blogosphère la tête hors de l'eau.